• Emilie et Ophélie

F... comme Famille de France et d'ailleurs

Mis à jour : 1 déc. 2019


En faisant votre généalogie, peut-être avez-vous débuté un véritable tour de France au rythme des déplacements de vos ancêtres (article sur les mobilités et migrations de nos ancêtres).

C'est en tous cas ce qui s'est passé pour moi. Si au départ mes recherches côté maternel me firent faire un tour de la Gironde, assez vite en remontant dans le temps, mes ancêtres m'ont entraîné dans les autres régions de France. Cependant, il arrive que la recherche de nos ancêtres nous emmène au-delà des frontières de notre pays. Autant du côté maternel, mes ancêtres sont tous issus -pour le moment du moins- du territoire français, autant du côté paternel, on est plutôt sur du patchwork de pays. Pas toujours simple pour remonter dans le temps, cette histoire ! Surtout que question archives, certains pays donnent plus de fil à retordre que d'autres... Russie et Bulgarie En lisant mon nom de famille, j'imagine que vous aviez deviné… Et oui, AKOULINITCHEFF est d'origine russe. Ce joli nom qui a tant donné de fil à retordre à mes professeurs d'école, me vient de mon père, qui le tient de son propre père, Michel AKOULINITCHEFF. Mon grand-père donc. D'une immense gentillesse, généreux, c'était une personne extraordinaire dont je suis fière de porter le nom. Né en France, il est le fils de Zinovy AKOULINITCHEFF et de Simionova DORA.


Zinovy est né en Russie en 1893, à Novotcherkassk, ville située à 944 kilomètres au sud de Moscou.


C'était un cosaque, ce que me confirme la seule photo que j'ai de lui, en uniforme. Ce qui colle d'ailleurs avec le fait que Novotcherkassk était la capitale des cosaques du Don.


Lorsque la révolution éclate, Zinovy prend le parti du peuple et le défend. Cette décision ne plaisant pas à tout le monde, il doit alors fuir son pays un peu après pour sauver sa vie. Alors que son frère part se réfugier aux Etats-Unis, lui quitte la Russie pour entamer une longue traversée de l'Europe, jusqu'en France. Son mariage avec son épouse, je ne sais pas s'il a eu lieu en chemin, ou une fois arrivé dans l'héxagone. J'ai eu deux versions différentes : la première, Zinovy aurait fui la Russie avec la femme de son frère, une jeune femme bulgare. La seconde, il aurait traversé la Bulgarie où il aurait eu une fille, Elisabeth, avec une femme, puis serait parti direction la France avec la sœur de celle-ci et Elisabeth. La seule chose de sûr est que Simionova, celle qu'il a épousé, est née en 1900 en Bulgarie, à Lovetch, ville située dans le Grand Balkan, région montagneuse du Nord de la Bulgarie.



Ils font la route avec un groupe de réfugiés russes. Une fois arrivé en France, le couple trouve refuge en Normandie où Zinovy travaille comme manoeuvre. Ils partent ensuite dans le Sud-Ouest, à Baron en Gironde. De leur union naissent cinq enfants : la première, Elisabeth née en 1928, porte le nom de famille de sa mère, DORA. A ce jour, je ne sais pas si Simionova est sa mère ou si ce n'est que sa tante. Viennent ensuite Violette, née en 1929, Michel (mon grand-père) en 1930, Marie en 1932, et Olga en 1937. Grands en taille, tous ont hérité de la stature de leur père. Tous sauf Olga, d'apparence frêle. Elle décèdera assez jeune d'un cancer du poumon.

Les enfants (sauf peut-être Elisabeth) naissent en France et sont français. Cela n'empêche pas mon grand-père de se battre à l'école, lorsque ses camardes de classe l'appellent le "russe" et lui jetent des cailloux. Pas étonnant donc qu'avec ses soeurs, ils se cachent pour ne pas aller à l'école. C'était Elisabeth qui va alors les chercher pour les ramener à leur instituteur. Pourtant, c'est qu'il aimait la France, mon grand-père. Son pays. Il n'a jamais mis un orteil en Russie. Mais il savait lire le russe.

Quelle langue parlait-on à la maison pendant l'enfance de mon grand-père, lorsque ses parents étaient encore en vie ? Entre eux, les parents se parlaient en russe mais avec les enfants ils conversaient en français pour éviter qu'ils soient rejetés.


En Russie, Zinovy avait une vie aisée. Lorsqu'ils arrivent en France, lui et son épouse ont amené avec eux des titres SNCF et de nombreux bijoux. Les titres SNCF ne valaient plus grand chose, ils ont fini par être détruits. Bien mal leur en a pris, la valeur a fini par remonter... Quant aux Bijoux, les employeurs de la famille proposent de les vendre pour eux, les nouveaux arrivants ne sachant pas trop comment faire. Mais c'est une toute petite part de la valeur des bijoux que Zinovy et Simionova récupèrent. Ils ne sont apparemment pas les seuls, nombreux sont les réfugiés Russes à se faire escroquer.

Simionova, ne comprenant pas où passe leur fortune finit par perdre la raison. Elle aurait tué toutes les poules des voisins en hurlant qu'un voleur était venu tout leur prendre. Elle finit par se suicider quelques temps plus tard. Les enfants n'ont alors plus que leur père.

La seconde guerre mondiale débute et Zinovy est séparé de ses enfants, qui sont envoyés à la DDASS. Considéré comme un nomade, il est interné dans le camps de Saliers. Situé sur la commune d'Arles dans les Bouches-du-Rhône, à côté du village de Saliers, ce camp d'internement a été créé par le régime de Vichy. On y retrouve entre 1942 et 1944 environ sept cents nomades internés, dont vingt-cinq qui meurent de faim et d'un manque d'hygiène. Le 17 août 1944 le camps est pris pour cible par l'aviation anglo-américaine qui le mitraille. Les détenus s'enfuient et laissent un camp vide. Lorsqu'il rentre des années après être parti, Zinovy est atteint du typhus. Il est soigné, mais meurt jeune. Il décède alors que mon grand-père n'a que 17 ans, le 21 juin 1948.


Bien sûr, j'aimerais en savoir plus sur eux. Mieux connaître leur histoire pour mieux les connaître eux. Mais il est difficile d'avoir des informations sur des ancêtres venant de Russie. Avec la Révolution de 1917, certaines archives ont été détruites. Sans compter que ce n'est pas avec les trois mots et demi de russe que je connais que je risque de faire une traduction d'un quelconque acte que ce soit. Acte qu'il faudrait déjà trouver d'ailleurs. Et puis, ce n'est pas franchement à côté non plus la Russie. Idem pour la Bulgarie.

Ce que je sais, c'est grâce à quelques documents qui ont été conservés, à des actes que j'ai trouvé à l'époque où ils étaient en France mais surtout à que m'ont raconté mes parents, mon grand-père et tout récemment (il y a quelques heures, d'où mon post tardif) la cousine de mon père. Elle a fait un certain nombre de recherches et sa sœur a vécu neuf ans en Russie. Elle est bien placée pour savoir qu'il est loin d'être facile de retrouver des documents là-bas... Italie Après l'est, nous voilà au sud ! Mon grand-père, avec ses origines russe et bulgare, a épousé une jeune femme d'origine… italienne. Ma grand-mère paternelle donc, Anna BATTAGLIA.



Anna BATTAGLIA, ma grand-mère

Michel AKOULINITCHEFF, mon grand-père


Le mariage de mes grands-parents



Si AKOULINITCHEFF évoque les pays de l'est, BATTAGLIA sonne effectivement italien. Son père, Ettore BATTAGLIA est né en 1909 à Brembate Sopra, commune italienne de la province de Bergame dans la région de la Lombardie.

Sa mère, Maria Gelinda ZORZINI est née en 1909 également, à Santa Maria la Longa, commune italienne de la province d'Udine dans la région de Frioul-Vénétie Julienne.


Je sais plus de choses les concernant, les archives italiennes étant déjà plus accessibles. Sur un document détaillant la situation familiale d'origine, on peut retrouver le même principe que nos recensements : les noms et prénoms des membres de la famille, leurs lieux et dates de naissance, leurs situations maritales. Dans la case appelée "problème de registre", il est noté que la famille BATTAGLIA, Agostino, Angela et leurs enfants (dont Ettore mon arrière grand-père) ont émigré en 1931 pour la France. Si pour la famille de mon grand-père je ne sais rien des parents de Zinovy et Simionova ni de leurs ancêtres et que je n'ai pas de photos hormis celle de Zinovy, c'est différent pour celle de ma grand-mère. Je peux remonter plus loin dans le temps. Sans compter les photos.

Mariage d'Ettore et Maria Gelinda.



Ettore et Maria Gelinda avec mon papa.




Et vous, avez-vous des ancêtres issus d'autres pays que la France, et avez-vous réussi à remonter dans le temps ? Et pour la France, quelles régions vos ancêtres vous ont-ils amenés à découvrir ou redécouvrir ?



Edition d'Emilie

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