• Emilie et Ophélie

M comme... Ménagère

"Ménagère... Tu veux dire comme quelqu'un qui fait le ménage ?"

"Pas vraiment non... Cherche encore Emilie, tu vas trouver !"

"Allez Marie sois sympa quoi, donne-moi un indice sur ton métier !"

"Tu plaisantes ou quoi ? "Ménagère", il te faut quoi de plus ?"

"Ménagère... Ménage... Tu es sûre, aucun rapport ?"

"Mais tu me fatigues avec ton ménage ! Cherche je te dis !"



Lorsque j'ai croisé la route de Marie DATCHARRY, c'est une jeune mère de famille travaillant comme ménagère que j'ai "rencontré". 


A première vue, je me suis dit que ménagère devait consister à gérer les tâches domestiques. Mais comme en généalogie on peut parfois être surpris, j'ai quand même cherché à en savoir plus. Et bien m'en a pris, puisqu'une fois n'est pas coutume, les ménagers se sont révélés exercer un métier différent de celui que j'imaginais. 



Un ménager ou une ménagère est en réalité une personne travaillant la terre. Rien à voir avec le ménage donc. C'est un paysan, petit propriétaire terrien que l'on peut situer entre le manouvrier (ouvrier agricole qui travaille pour autrui, il n'est pas propriétaire terrien et a une situation souvent peu aisée) et le laboureur (paysan propriétaire, appartenant à la couche supérieure de la paysannerie). Ce métier de ménager est très courant dans toutes les régions de France, mais ce statut peut néanmoins refléter une réalité quelque peu différente suivant le lieu. La situation du ménager est ainsi plus enviable dans le Midi que dans le Nord de la France. Il existe des exemples de ménagers "connus", comme par exemple les parents de Frédéric MISTRAL. Né dans le Midi en 1830, cet écrivain et lexicographe français de "langue d'oc" (langue occitane), entre autres prix Nobel de littérature (1904), est le fils de François MISTRAL et d'Adélaïde POULINET, tous deux ménagers aisés. Ils sont un parfait exemple des ménagers du Midi, se rapprochant plus du laboureur voire du bourgeois que du petit paysan.

En résumé et en règle générale, le terme de ménager renvoie à un paysan qui peut produire de quoi faire vivre sa famille et voire même un surplus qu'il peut vendre sur les marchés.

Forte de mes recherches sur la profession de ménager, j'ai alors pu appréhender la vie de mon ancêtre Marie DATCHARRY sous un angle différent.

La petite Marie est née dans la nuit du 21 septembre 1830. Ou le 24 octobre 1826. Les différents actes que j'ai trouvés à ce jour ne sont à priori pas d'accord entre eux.

A croire que dans la liesse du moment, monsieur le maire s'est trompé de date... Puisque selon l'acte de mariage de Marie, elle est née le 24 octobre 1826, et ce d'après son acte de naissance... Acte qui indique lui la date du 21 septembre 1830. Il me faudra résoudre ce "détail". En attendant, Marie est née et c'est déjà bien ! Aux alentours des années 1830 donc, à Port-de-Lanne, dans les Landes. Ses parents, Robert DATCHARRY et Marguerite DURON habitent maison du Pont dans la commune où Robert est cantonnier (ouvrier qui entretient les routes ou les voies ferrées).

Le 16 septembre 1852, du haut de ses 21 ans (ou de ses 25 ans, mystère), Marie épouse Jean LESBEGUERIS à Tercis-les-Bains, dans les Landes (dans le canton de Dax). Jean est laboureur et Marie ménagère, comme sa mère et sa belle-mère (la mère de Jean). Son père est quant à lui toujours cantonnier. Le jour de son mariage, Marie est déjà enceinte de quelques mois et le premier jour de l'année qui suit, le 1er janvier 1853, la petite Jeanne pousse son premier cri. Des premiers cris et des petites voix d'enfants, il y en aura dans le foyer. Entre 1853 et 1868, elle donne naissance à 12 enfants, quasiment un tous les ans...

Quiteyre née ainsi le 17 mars 1854, Jean-Louis le 19 août 1855, Jean Ferdinand le 8 juin 1857, Marie le 18 novembre 1858, Marie le 24 février 1860, Jean Augustin le 19 janvier 1861, Jeanne Rose le 24 mars 1862, Catherine Amanda le 24 septembre 1863, Françoise Anna le 28 septembre 1864, Jean Sylvain le 19 juin 1866 et Marie le 14 décembre 1868.

Les années passent et les époux élèvent leurs enfants en continuant d'exercer la profession de laboureur pour Jean et de ménagère pour Marie. De temps en temps, Jean est recensé en tant qu'aubergiste, ou bucheron, mais la grande majorité du temps, il travaille aux champs en tant que laboureur. Lors du mariage de l'une de leur fille en 1877, le couple est noté dans l'acte sous la profession "d'ouvriers". Ce qui me conforte dans l'idée que Marie a, comme son époux, bien travaillé la terre toute sa vie et qui renforce la vision de la ménagère paysanne possédant son lopin de terre.

Jean et Marie quitte Tercis-les-Bains quelques temps après pour la commune de naissance de Marie, Port-de-Lanne. Jean y est cultivateur jusqu'à son décès, le 28 juillet 1888. Marie se retrouve veuve et continue d'exercer en tant que ménagère, jusqu'à ce qu'elle décède à son tour, le 13 février 1894.

S'il est bien un exemple de femme qui a exercé le même métier toute sa vie, c'est bien celui de Marie DATCHARY.

Et vous, avez-vous des ancêtres ménagères ou ménagers ? Ou même des ancêtres ayant exercé la même profession tout au long de leur vie ?

Edition d'Emilie

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