• Emilie et Ophélie

S comme… Sangla

La première fois que les Sangla sont apparus dans ma généalogie, c'est avec Izabelle Sangla, la mère de mon grand-père maternel, Philippe Thibault.


La particularité d'Izabelle, c'est qu'à la différence de bon nombre de mes ancêtres, j'ai déjà entendu parler d'elle. Née le 7 janvier 1903 et décédée le 12 avril 1982, elle fait partie de ces personnes que je n'ai pas connues, car elle est décédée avant ma naissance, mais dont ma mère, mes oncles et tantes et mes grands-parents ont partagé en partie la vie et peuvent m'en parler. Grâce à eux, je connais des anecdotes, je peux me faire une idée de sa personnalité.


Quand nous découvrons un nouvel ancêtre, au delà des dates, on essaie de retracer sa vie. Bien sûr, il est possible d'avoir des indices quand à sa personnalité ou à son caractère. Mais pas toujours. Prenons par exemple un ancêtre ayant fait un don à une association, un hôpital, une école,... On peut penser qu'il est de nature généreuse, surtout s'il n'est pas spécialement aisé.

Autre exemple, un séjour en prison pour une bagarre dans un bar peut cette fois amener à penser que l'ancêtre ayant provoqué l'altercation avait un tempérament plutôt colérique… Ou qu'il avait un penchant pour la boisson… Ou les deux ! Mais il n'est pas évident d'en être certain, ce ne sont là que des début de pistes qu'il faut creuser.

Dans le cas d'Izabelle, le fait d'avoir des témoignages de personnes l'ayant connu m'aide grandement. Surtout qu'ils sont unanimes, tous ont le même souvenir d'elle. Du moins tous ceux à qui j'ai demandé. Bien sûr ça ne veut pas dire qu'on peut la résumer seulement à cela.


Izabelle Sangla n'a pas laissé l'image de quelqu'un spécialement agréable. On se souvient d'elle comme d'une femme dure, plutôt égoïste, méchante même. Pas très réjouissant tout ça. Elle voulait une fille, elle a eu trois garçons. Alors forcément, quand mon grand-père, le petit dernier, est né… Encore un garçon, le troisième, Izabelle ne l'a pas très bien vécu. La preuve, elle l'a habillé en fille. Elle l'a également envoyé travailler aux champs à l'âge de 12 ou 13 ans. Et pourtant. J'ai retrouvé il y a quelques temps une photo envoyée par mon grand-père à sa mère le 7 janvier 1959 pour l'anniversaire d'Izabelle. Les mots sont plein de tendresse et les "mille bisous" envoyés n'ont pas l'air de laisser de place à une quelconque rancune.





Des filles, il a fini par y en avoir dans la famille : mes grands-parents ont eu trois filles (dont ma mère) et un garçon. Un des frères de mon grand-père a lui eu une fille adoptive. On aurait pu penser que ça aurait plu à mon arrière-grand mère de se retrouver enfin entourée de petites filles. Pourtant, Izabelle n'a apparemment pas été spécialement tendre, elle s'est même parfois montré méchante avec elles.

Tout cela, ce qui reste dans les mémoires et que l'on raconte, me permet aujourd'hui d'en savoir plus sur mon arrière-grand-mère. Pour autant, je suis loin de tout connaître de sa vie. A t'elle été heureuse avec son mari, Ismaël Octave Thibault ? Son caractère aussi dur était-il lié à sa propre enfance ? A t'elle vécu des choses particulièrement difficiles dans sa vie ?

Finalement, le fait de démarrer avec un certain nombre d'informations la concernant me fait me poser encore plus de questions que si je ne savais rien d'elle. Elle fait donc elle aussi l'objet de nombreuses recherches, comme si je partais de zéro.


Je me demande parfois quelle image j'aurais eu d'elle si personne ne m'avait raconté toutes les anecdotes la concernant, si personne ne m'avait dit comment elle était. Sûrement pas exactement la même. Mais peut-être est-ce cela aussi la généalogie, essayer de faire revivre nos ancêtres, apprendre à les connaître au fil des archives, tout en nous confrontant à certains mystères qui laissent alors la place à notre imagination de faire le reste...


Edition d'Emilie

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