• Emilie et Ophélie

Les écoliers, d'hier à aujourd'hui

Mis à jour : 24 oct. 2019


Le 2 septembre a annoncé la fin des vacances et la rentrée des classes. Le temps a changé, les températures se sont radoucies. Chaque nouvelle année scolaire est l'occasion de faire une photo de classe et/ou individuelle. Ce rendez-vous annuel est devenu incontournable de la maternelle jusqu'au lycée.

Photo prise en lycée année 70-71


Les prises de vues se déroulent généralement au mois de septembre mais aussi au printemps. La luminosité est propice à faire de belles photos pour des prises en extérieur. Ces photos sont encadrées par une circulaire, la dernière date de 2003 afin de garantir les droits de tous les protagonistes. Pour les enfants mineurs, une autorisation parentale est demandée.


Cette "photo souvenir" est apparue dans les années 1860 avec la démocratisation de la photographie. Son développement devient plus important à partir de 1900-1940. L'âge d'or se situe entre 1950 et 1980. Quelles sont les évolutions que ces photos mettent en avant ?


A partir des années 1881-1882, l'école gratuite, obligatoire et laïque est créée par Jules Ferry. Les valeurs sont les suivantes : obéissance, rigueur et sérieux. Les photos de classe sont le reflet de cet ordre. Les positions sont identiques, l'attitude est sévère. Les plus jeunes enfants portent des blouses ou tabliers afin d’être protégés de la poussière de la craie, des tâches d’encre… Jusqu’aux années 1945-50, cette théâtralisation perdure. Les photos individuelles se massifient, d’où les portraits de mes grands-parents. Il faut montrer que l’on est beau et intelligent.


Mes grands-parents maternels dans les années 1920.

La pose est semblable, la blouse est identique (motif vichy).



Grand cousin maternel, années 1930.

Attitude toujours aussi sérieuse. Blouse noire.

Puis nous allons vers plus de naturel avec des visages plus souriants. Les écoliers mettent leurs plus beaux vêtements ce jour-là.


A partir de 1900 et jusqu'en 1940, les établissements riches et réputés ne seront plus les seuls à prendre la pose, ils sont rejoints progressivement par toutes les écoles françaises. Des photographes se spécialisent dans ce domaine comme Pierre Petit ou Jules David. Des sociétés couvrent tout le territoire ainsi que des petits studios locaux.

Dans les années 1960, on trouve une plus grande diversité de tenue (couleur et forme). Le maître ou la maîtresse est souvent absent de la photo. Les élèves sourient et sont plus autonomes. Les écoles des garçons et des filles restent séparées hormis pour les années de maternelle (en fonction des lieux).

Nous sommes en 1959, (Grande section de maternelle) ma mère porte ses plus beaux habits (2e rang en partant du bas, 3e à gauche). Garçons et filles sont mélangées.


Début des années 1960, école maternelle, mon père porte une blouse sûrement grise (2e rang en partant du bas, 3e à gauche). Il n’y a que des garçons.

L’usage du port de la blouse demeure pour les élèves de maternelle. Les motifs et coloris ont évolué depuis 1900 à 1960 en fonction de la mode. Les photos ne sont pas toujours prises à l’extérieur.


Le photographe investit également la classe ou les fêtes d’école. Parfois, il y a des mises en scène.


Photo prise en 1960, ma mère est alors en classe de CP.


Mon oncle Jean-Marie dans les années 1960 lors d’une fête d’école. (debout, 1er à droite)


La maman d’Emilie en classe de maternelle, fin des années 60. (1ère à gauche)

A partir des années 70-80, la mixité entre dans les classes, signe d'un assouplissement et de l'évolution de l'école. Cette mixité fut généralisée à tous les établissements scolaires par les décrets de la loi Haby en décembre 1976. Les photos couleur se généralisent. Dans certaines écoles on ne prend que des portraits individuels. Les fratries posent souvent ensemble. Ce qui fut le cas pour mes cousins n'ayant que quelques années de différence.


Mes cousins dans les années 1970 (la fratrie au complet)


Années 80, photo de classe de mon frère. La mixité est bien visible.

Les années 90. Les maîtres et maîtresses sont plus proches des élèves. Ils posent spontanément avec le groupe. Ils apparaissent plus souriants. On essaye de s'affirmer, "être soi" par le choix de sa tenue.


Photos individuelles (1ère année de maternelle et CP)


Années 90, une des photos de classe que je préfère. Je suis en CM1.


Emilie et sa sœur au même âge (moyenne section de maternelle) début et fin des années 90.

Années 2000, les photographes proposent des supports de plus en plus variés : poster, magnets, porte-clés, calendrier. L'occasion de faire des cadeaux aux grands-parents lors des fêtes de Noël. Les photos "fun" apparaissent dans les lycées. Les élèves ont la possibilité de se déguiser et de faire des grimaces. Il y a parfois des "dress code". La norme traditionnelle de la photo de classe vole en éclats.


Les photos sont également des revenus pour les écoles et les associations, une entrée d'argent non négligeable. Un "souvenir" émouvant mais lucratif.


La photo de classe en groupe ou individuelle permet d'évoquer : l'histoire de l'école ainsi que l'évolution de la mode.

Edition d’Ophélie

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