• Emilie et Ophélie

Les communiants du XVIIIe siècle au XXe siècle

Mis à jour : 24 oct. 2019

Dans une Europe qui fut très chrétienne et catholique, nos ancêtres ont effectué au moment de leur enfance et de leur adolescence le deuxième rite d'initiation chrétienne, la communion.


Petit tour dans l'histoire :


Jusqu’au XIIe siècle, on célébrait en même temps le baptême et la communion. Il s’agissait d'une communion par le vin. A partir de 1215, le 4e concile du Latran reporte la première communion à « l’âge de discrétion » soit entre 12 et 14 ans. Il n' y avait pas de cérémonie particulière. Depuis le XVIIe siècle, elle devient plus solennelle. Elle a été instituée afin de combattre le jansénisme (mouvement religieux s’opposant à l'Eglise catholique et à l’absolutisme royal). Elle est célébrée à 12 ans.


Au XVIIIe siècle, la communion se généralise en France. Filles et garçons portaient le cierge et renonçaient à Satan. Les progrès de la scolarisation des enfants étaient liés aux efforts de catéchisation.


En 1910, sous Pie X, on distingue la première communion appelée « communion privée » de la « communion solennelle » plus festive avec la famille. La communion solennelle n'est pas un sacrement mais une étape spirituelle. Depuis les années 1970, cette cérémonie est appelée « profession de foi ».


Les communions se déroulent généralement en mai et juin : une fête collective printanière.


Les enfants lors de la première communion reçoivent le corps du Christ sous forme d'hostie consacrée par le prêtre lors d'une messe appelée Eucharistie (sacrement dit de l’Eucharistie).


Ma grand-tante Gabrielle Gimel et ma mère lors de leurs premières communions.


Cette célébration a lieu après deux ans de catéchisme (enseignement religieux). L'enfant est alors âgé de 8-10 ans. Il faut être baptisé pour y être admis (premier rite d’initiation).

Plusieurs baptisés: le père d'Emilie, Emilie et moi.



La communion solennelle s'effectue vers 10-12 ans. Elle symbolise la sortie de l’enfance et le début de l’adolescence. C’est l’occasion de rassembler toute la famille. Le communiant reçoit des cadeaux (première montre) et surtout des cadeaux religieux (missel, médaille ou cachet avec la Vierge ou un Saint-Christophe, chapelet). Des images pieuses en souvenir de cette célébration étaient distribuées à la famille. Il était mentionné la date et le nom de la paroisse au recto ou au verso de cette carte.


Images pieuses des garçons


Cartes des filles



L’enfant recevait parfois un certificat lors de sa communion ainsi que pour la confirmation en grand format sur lequel étaient indiquées les dates de son baptême et celle de sa communion. Vous pourrez retrouver des images en cliquant ici.


De nos jours, vous pouvez demander vos certificats (communion, baptême…) au diocèse de votre département.


Le livret chrétien des familles que vous avez peut-être dans vos archives personnelles peut pallier au manquement de l’état civil. Ce livret était délivré au moment d’un baptême comme pour mon grand-père maternel ou lors d’un mariage comme pour mes parents. Vous trouverez les mentions des dates du baptême, de la première communion, de la profession de foi, de la confirmation, du mariage religieux et du sacrement des malades. Les informations sont complétées par le prêtre ou le chef de la famille. Ma mère a ainsi rajouté sur son livret, la date de ma première communion, c’était le 30 mai 1999.

Livret chrétien des familles appartenant à mon grand-père maternel



Dernière étape de cette initiation, le sacrement de la confirmation (confirmant l’appartenance à L’Église). Elle est célébrée par l’évêque lors de la Pentecôte actuellement entre 12 et 18 ans. Ma grand-mère maternelle d’après son bulletin de confirmation a été confirmée à l’âge de 18 ans. Mais autrefois comme j'ai pu le voir sur le registre des confirmés de l’église paroissiale de Saint-Pierre d'Oloron de 1753 à 1762 (archives départementales des Pyrénées Atlantiques, AD64), ils étaient âgés de 7 à 21 ans.

Billet de confirmation de ma grand-mère maternelle



Ne négligez pas toutes ces sources (actes religieux, certificats, images pieuses, livrets…) car elles permettent d’en apprendre plus sur vos ancêtres.


Sur nos réseaux sociaux, nous avons mis ce mois-ci à l'honneur nos communiants qui ont effectué leur profession de foi. Revenons brièvement sur l’évolution vestimentaire et ce moment de fête religieuse.


Avec l’apparition du culte de l’Immaculée Conception, à la fin du XIXe siècle, les communiantes sont habillées tout de blanc « symbole de pureté » pour être semblable à la Vierge Marie mais il semblerait que les filles commençaient à s’habiller en blanc dès le XVIIIe siècle. Au XXe siècle, les familles rivalisaient entre elles pour vêtir les filles comme des mariées et les garçons comme des cadets de Marine.


Gabrielle Gimel, Sylvette Gimel et Monique Albucher.


Sylvette Gimel, Jean Gimel et René Bouffard



Jusqu’aux années 1950, les garçons portaient fièrement un costume avec un brassard blanc. Ce port d’un brassard à l’avant-bras-gauche est apparu à la fin du XVIIIe siècle.


Jacques André René Abribat



Depuis le XVIIIe siècle existait le cortège des communiants. Dans certaines paroisses, on organisait une procession qui traversait les villes, villages ou paroisses. Les enfants étaient placés deux par deux. Lors de ces processions comme dans les églises garçons et filles étaient séparés.


Procession de ma tante maternelle en 1960



En 1954, sous l’influence de l’abbé Ferrier qui souhaitait effacer les différences sociales, cette séparation n’existe plus et la distinction dans les tenues disparaît à partir des années 1960 avec l’apparition d’une aube unisexuée. Garçons et filles portent ainsi la même chose.

Communiants des années 1960



Chez le photographe, on pose en tenue de communiant pour immortaliser ce moment.

Mon oncle et mon parrain



La famille se réunissait pour fêter cet événement. C’était un moment de retrouvailles important. Parfois la famille venait de loin.


Ma famille paternelle



Pour cette fête, le dessert était constitué par exemple d’une pièce montée de choux à la crème, où au sommet trônaient des figurines représentant des communiants.


Figurines : celle de mon frère et la mienne



Édition d'Ophélie

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