• Emilie et Ophélie

W comme… Who is… François-Ferdinand, époux d'Antoinette ?

Je vais vous parler aujourd'hui de François-Ferdinand.

Le François-Ferdinand, archiduc d'Autriche ? Alors non, pas vraiment…

Celui dont je vais vous parler n'est pas archiduc... Ni duc… Ni noble. Il est domestique et s'appelle François-Ferdinand THIBAULT. L'histoire de ses parents, Jean-Baptiste THIBAULT et Louise COUE, je vous l'ai racontée dans l'article M... Mariage entre domestiques. A présent, c'est au tour de leur fils de nous dévoiler un peu de lui. Et autant vous dire qu'avec cette famille, je vais de surprises en surprises !

François-Ferdinand est né le 15 juin 1863 à Antigny, en Vendée, la même année que l'archiduc dont il partage le prénom. (François- Ferdinand d'Autriche est né le 18 décembre 1863). Au départ, j'ai souri en lisant son prénom. Ce doit être mon côté historienne qui m'a de suite fait penser à l'archiduc d'Autriche. Même si le prénom de mon ancêtre n'est à priori pas inspiré de celui de son homonyme, puisque mon François-Ferdinand à moi est né quelques mois avant. Je me suis également intéressée à ses frères et sœurs afin de voir s'il était le seul de la fratrie à avoir un prénom rappelant celui d'un archiduc. Après tout, ses parents, Jean-Baptiste et Louise ont pu simplement donner François puis Ferdinand comme prénoms à leur fils. Mais ces derniers apparaissent le plus souvent liés par un tiret dans les actes, ce qui pourrait faire penser qu'ils ne forment qu'un seul prénom. A nuancer tout de même, car lors de son mariage, François-Ferdinand signe "THIBAULT François" sur l'acte qui l'unit à son épouse. A croire qu'ils veulent me brouiller les pistes dans la famille des THIBAULT ! Les frères et sœurs de François-Ferdinand ont eux aussi plusieurs prénoms, comme par exemple Joseph Baptiste Célestin, Marie Louise Henriette, Henri-Louis, (qui a lui aussi un tiret entre les deux prénoms, ce que les autres n'ont pas). Les parents de François-Ferdinand ont travaillé longtemps comme domestiques, certainement pour pouvoir financer leur mariage. Puis, lui est devenu bordier et cultivateur et elle ménagère et cultivatrice. Pas une famille de haut rang donc.

Le 26 juin 1894, François-Ferdinand épouse Antoinette AUGUSTE. Le couple se marie dans le village où habite la jeune femme, à Saint-Maurice des Noues, en Vendée. Ne manquait que le Marie à Antoinette, et à eux deux ils refaisaient l'Histoire.


On se calme, je ne m'emballe pas, Antoinette était à l'époque un prénom assez courant. Mais tout de même, AUGUSTE comme nom, mon côté historienne refait surface et me fait penser à l'empereur romain. Pour en savoir plus, je me suis donc penchée sur l'histoire d'Antoinette. Et je n'ai pas été déçue... Mon arrière arrière grand-mère est née le 15 février 1870 à Saint-Maurice des Noues, en Vendée. Ses parents, Augustin AUGUSTE et Rosalie MALAIS se sont mariés le 9 juin 1863. Sur l'acte de mariage du jeune couple, Augustin est désigné comme François Auguste AUGUSTIN. Ce qui paraît logique quand on sait que son père se nommait François AUGUSTIN. C'est pourtant sous le nom de famille AUGUSTE qu'il apparaît par la suite dans tous les actes, tout comme ses enfants. Alors est-ce une erreur de l'état civil ou est-ce volontaire, l'histoire ne le dit pas. Comme leurs parents avant eux, Augustin et Rosalie sont tous deux propriétaires des terres qu'ils cultivent et ont des domestiques et des servantes.

Antoinette n'est pas la première de la fratrie, puisque le 26 avril 1864, moins d'un an après son mariage avec Augustin, Rosalie donne naissance à leur premier enfant, Auguste. La famille s'agrandit avec la venue au monde de François (qui se nomme plus exactement Marie François) le 2 août 1867, mais le bonheur est entaché par le handicap du petit garçon qui est sourd et muet de naissance. Antoinette est le troisième enfant du couple et donc la première fille. Elle est la seule des enfants à être désignée, dans tous les recensements que j'ai pu trouver, par son troisième prénom, Rosalie. Après elle, le couple met au monde d'autres enfants. Eugénie, née le 12 novembre 1871, est sourde et muette comme François, le deuxième enfant. Il en est de même pour Alexis (dont le premier prénom est Marie, comme pour François), né le 25 octobre 1873. Marie, née le 5 avril 1876 et Marguerite ont quant à elles plus de chance, et n'ont à subir aucun handicap. Marguerite reste mon énigme. Présente sur tous les recensements, je n'ai jusqu'à présent trouvé aucun acte la concernant. Vient ensuite Adrien, le petit dernier, né le 23 octobre 1882 soit 18 ans après l'aîné de la fratrie. Sur huit enfants, trois sont sourds et muets. Cela a-t'il eu une conséquence sur leur vie d'adulte ? C'est possible. En 1891, alors que son aîné Augustin est cultivateur, François alors âgé de 24 ans, n'a pas de profession, tout comme Alexis. Est-ce parce qu'ils sont sourds et muets ? Pas forcément, puisque leur sœur Eugénie travaille en tant que ménagère. Quoi que dans les actes suivant on la retrouve sans profession.


Les saisons, les années passent, marquées par des évènements plus ou moins heureux. C'est dans le village de leur enfance que se marient Antoinette en 1894 puis Marie le 25 juin 1901. Auguste lui, épouse Marie Eugénie LESPORT le 29 août 1901 à Rouffignac en Charente-Maritime, lieu de naissance et de vie de son épouse. C'est là qu'ils fondent par la suite leur famille, pas si loin d'Antoinette en réalité. En effet, si Antoinette et François-Ferdinand se sont mariés à Saint-Maurice des Noues et y ont eu leur premier enfant, ils n'y restent pas pour autant. Après la naissance de Moïse le 23 décembre 1895, ils disparaissent des actes et recensements. Le petit Samuel vient au monde sans que je sache pour l'instant où il est né. Puis la famille part ensuite pour Mombrier, en Gironde. C'est là que naît leur troisième fils, Ismaël Octave (mon arrière grand-père). Il y aura par la suite d'autres enfants, et d'autres déplacements. Ces départs amènent bien des questions : pourquoi sont-ils partis ? Pourquoi dans ces villages là ? Comment Auguste a-t'il rencontré Marie Eugénie qui habitait bien loin de chez lui ? Est-ce parce que le cousin et l'oncle du jeune homme, témoins du mariage de ce dernier, habitaient eux-même à Rouffignac ? Mes recherches sont loin d'être terminées ! Si leurs frères et sœurs quittent le nid les uns après les autres pour convoler en noces, Alexis et Eugénie AUGUSTE n'en n'ont pas eu le temps. Ils décèdent tous deux jeunes, lui à l'âge de 26 ans et elle à 32 ans. Leurs parents, Augustin et Rosalie vieillissent ensemble à Saint-Maurice des Noues. En 1886, Rosalie apparaît seule avec ses enfants. Pourtant, Augustin est bien en vie, puisqu'on le retrouve vivant avec sa femme et ses enfants en 1891. On le retrouve également comme témoin dans un certain nombre d'actes, comme lorsqu'il signe pour le mariage d'Antoinette en 1894.

Effectivement, si Rosalie ne sait pas signer, cela ne pose apparemment aucun problème à Augustin, qui même à 70 ans appose encore sa signature, d'une main certes bien tremblotante. Rien de spécialement étonnant dans cette inégalité entre les époux, l'école étant plus accessible aux garçons qu'aux filles à l'époque de leur enfance. Ce n'est qu'avec la loi du 10 avril 1867 dite loi Duruy, qui permet la généralisation de la scolarisation en France, que se développe notamment l'enseignement primaire féminin. Cette loi entraîne la création d'écoles de filles dans les communes de plus de 500 habitants. Est-ce pour autant que toutes les jeunes filles vont à l'école à partir de 1867 ? En 1866, Saint-Maurice des Noues compte 1164 habitants puis 1059 habitants en 1872. Il y a plus de 500 habitants, il devait donc y avoir une école de fille dans le village d'Antoinette. Alors, pourquoi ne sait-elle pas signer alors que son propre frère Auguste appose sa signature au bas des actes ? Il signe ainsi en tant que témoin au mariage de sa sœur alors que la mariée elle-même ne sait pas le faire. De telles différences, on les retrouve également dans la fratrie de l'époux d'Antoinette, François-Ferdinand. Lui même sait signer et a d'ailleurs une belle écriture. Ses frères sont les témoins de son mariage : Joseph, 29 ans est alors domestique. Il sait signer mais signe avec un D, THIBAUD. Baptiste, quant à lui, a 27 ans et est cultivateur. Lui ne sait pas signer. Est-ce le métier de domestique qui a permis à François-Ferdinand et à Joseph de savoir écrire ? Ou leur place dans la fratrie ? Lorsque j'ai commencé à écrire cet article, c'était avec l'idée que, quand même, François-Ferdinand, Antoinette, AUGUSTE,... Tout cela sonnait bien aristocratique ! J'ai débuté mes recherches le sourire aux lèvres, trouvant l'union de ces deux êtres aux prénoms qui laissent rêveur assez cocasse. Le sourire des débuts n'a en fait pas cessé de s'élargir au fur et à mesure de mes trouvailles. Alors que je recherchais la famille AUGUSTE sur le recensement de 1901 de Saint-Maurice des Noues, impossible de la trouver. Inconnue au bataillon. Pourtant, je sais qu'ils habitent ce village à cette date. Alors où sont-ils ? Je décide de regarder à nouveau ce recensement et là, je remarque un Augustin marié à une Rosalie... Je vérifie : tout concorde, sauf le nom de famille qui est... MARQUIS ! En continuant mes recherches, effectivement je me rends compte qu'à partir des années 1880, une nouveauté fait son apparition sur les actes : les AUGUSTE, que ce soit Augustin ou ses enfants, sont "dit Marquis". Je retrouve cette mention sur les recensements, dans les signatures, et sur certains actes, comme celui de naissance du petit dernier, Adrien. Lorsqu'il vient au monde en 1873, Alexis apparaît sur son acte de naissance sous le nom d'AUGUSTE Marie Alexis. Aucune trace d'un quelconque rajout à son nom. Cependant, lorsqu'il décède vingt six ans plus tard, son acte de décès fait état de la mort d'AUGUSTE Alexis dit Marquis.

Signature d'Augustin AUGUSTE à l'âge de 70 ans

Comment expliquer la soudaine apparition d'une mention qui me donne à penser que si mes ancêtres avaient voulu mettre du piment dans mes recherches ils n'auraient pas pu mieux faire ? Peut-être est-ce du au fait qu'ils soient propriétaires terriens ? C'est une piste qu'il va me falloir creuser...

En tous cas, moi qui m'amusais de ces noms un peu ronflants, je ne pouvais pas rêver meilleur rebondissement !


Une question me vient alors à l'esprit : François-Ferdinand n'aurait-il pas fait là un bon mariage en épousant une jeune femme de meilleure condition ? En tant que domestique et bordier, le père de François-Ferdinand aurait très bien pu travailler au service de celui d'Antoinette. Cette union devait tout de même convenir aux deux familles, puisque les parents de l'épouse ont tous deux donné leur consentement à ce mariage ainsi que Louise, la mère de François-Ferdinand, son père Jean-Baptiste étant quant à lui déjà décédé en 1894. Et vous, avez-vous des ancêtres dont les prénoms vous ont marqués ?


Edition d'Emilie

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