• Emilie et Ophélie

Jeanne ou Marguerite ?


Prénom de naissance, prénom de baptême, surnom... Il n'est pas rare en généalogie qu'une seule et même personne soit désignée par plusieurs prénoms tout au long de sa vie. Dans ce cas-là, recouper les informations et les divers documents permet bien souvent de s'y retrouver et de ne pas se tromper de personne.

Jeanne ALLAIN est de ces ancêtres qui m'a donné du fil à retordre...

La première fois que Jeanne a fait son apparition, ce fut sur l'acte de naissance de sa fille, Jeanne JOYEUX. Ce nom plein de gaieté me fit sourire, cette recherche commençait plutôt bien ! 

Me voilà donc partie à l'assaut des actes civils, recensements, matricules militaires (pour les hommes de sa vie, forcément), et autres mines d'informations en tous genres.

J'ai pu retrouver assez rapidement son acte de mariage, acte sur lequel elle est prénommée non pas Jeanne, mais MargueriteBon jusque-là pas de surprises, je ne compte plus le nombre de fois où les prénoms de baptême et ceux de naissance s'alternent d'un document à l'autre. L'acte de mariage m'apprend que le couple passe un contrat de mariage : Prochaine étape pour moi : les archives. 

En attendant de m'y rendre (masquée, covid oblige), je découvre peu à peu la vie de la jeune mariée :

Jeanne est née le 3 avril 1856 à 2h du matin au lieu du Pas d'Ozelle, à Saint-Ciers Lalande en Gironde (l'ancien nom de Saint-Ciers-sur-Gironde). Sa mère, Marguerite ALLAIN, alors âgée de 33 ans, accouche en présence de Jeanne LARTIGUE, la sage-femme du village. Jeanne ALLAIN hérite du nom de famille de sa mère, son père étant inconnu. Mais pas que : elle hérite en effet également de son prénom, puisqu'elle apparaît dans l'acte non pas sous le prénom Jeanne mais sous l'identité de Marguerite... Comme sa mère.

Le jour de ses 20 ans, le 3 avril 1876 à 10h du soir à Civrac, Jeanne épouse celui qui partagera sa vie jusqu'au bout, Jean JOYEUX. (Pour ceux ou celles que l'heure a pu interpeller, oui oui je confirme, le mariage a eu lieu à 10h du soir...).

Jean est alors un jeune homme cultivateur de 24 ans et habite à Civrac avec son père Jean, sa mère étant quant à elle déjà décédée.

Jeanne, nommée à nouveau Marguerite dans cet acte, est une jeune femme de 20 ans, louant ses services, et qui habite avec sa mère Marguerite à Saint-Savin en Gironde. (On notera l'originalité dans les prénoms...).


Le couple passe plusieurs années à Civrac, et c'est dans ce même village que 3 ans après leur union, le 6 juillet 1879, Jeanne met au monde leur fils... Jean. 

Sur le registre matricule de ce dernier, il y est décrit à l'âge de 20 ans comme châtain aux yeux gris, avec un front couvert, un nez fort, une bouche moyenne, un menton rond et un visage ovale. Sûrement ressemble-t-il alors plus à sa mère, car son père au même âge était certes lui-aussi châtain avec un visage ovale, mais avait les yeux bruns, le front découvert, un nez moyen et une petite bouche.

Jean, Jeanne et le petit Jean quitte alors Civrac pour Laruscade dont ils partiront par la suite pour rejoindre Saint-Christoly-de-Blaye.




Le 27 décembre 1881 la famille s'agrandit avec la naissance de leur fille... (Allez un petit effort, le prénom n'est pas bien compliqué à deviner, et plutôt dans la logique des choses...) Jeanne au lieu du Pont de Côtes, à Laruscade. Sa soeur Marthe Marie voit quant à elle le jour vers 1887, suivi quelques années plus tard, le 15 mai 1892 par le petit Jean Anselme né à Saint-Christoly-de-Blaye. Il décèdera chez lui à Geaune (Landes) le 30 juin 1924 certainement des suites d'une tuberculose pulmonaire.

Après la naissance de leur petit dernier, Jean et Jeanne ne changeront plus de ville, seulement à plusieurs reprises de rue et de quartier.

Jusque-là, tout semble plutôt cohérent.

Seulement voilà. A croire que les doutes et le questionnement permanent font partie intégrante du quotidien des généalogistes (du mien en tous cas), mais je ne peux m'empêcher de m'interroger.

Jeanne n'apparaît que bien peu sous ce prénom. Si je l'ai retrouvé aussi bien désignée par Justine ou encore Catherine dans certains recensements, il n'en demeure pas moins que la plupart des documents correspondants en tous points à la Jeanne que je recherche la mentionne sous le prénom de Marguerite.

Ceci est plutôt chose courante me direz-vous. Oui mais...

Je me suis tout de même souvent demandé, et me demande encore d'ailleurs, si Jeanne et Marguerite étaient bien une seule et même personne.

Le prénom Marguerite apparaît sur ce qui me semble être son acte de naissance (mais est-ce bien le sien ?), sur son acte de mariage, sur quasiment tous les recensements, et sur le registre matricule du dernier de ses fils.

Le prénom Jeanne est quant à lui présent sur les actes de naissance de ses deux premiers enfants ainsi que sur l'acte de mariage de sa fille Jeanne JOYEUX.

Alors ces deux femmes ne font-elles bien qu'une ? La Jeanne ALLAIN, mère de mon aïeule Jeanne JOYEUX, est-elle réellement cette Marguerite qui revient constamment dans mes recherches ?

J'aurais tendance à répondre oui... D'autant plus qu'elle porte le même prénom et nom que sa mère, Marguerite ALLAIN, et que le fait d'utiliser le prénom de Jeanne plutôt que celui de Marguerite permettait certainement de différencier plus aisément les deux femmes.

Il subsiste pourtant un petit doute... Allez savoir... Ça ne serait pas la première fois que deux femmes dont les noms sont si proches auraient été épousé deux hommes du même nom... Il faut s'attendre à tout en généalogie !



Edition d'Emilie

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