• Emilie et Ophélie

Maurice-Victor, enfant adopté par la Nation

Au cours de vos recherches sur vos ancêtres, peut-être avez-vous déjà rencontré la mention « pupille de la nation » ou « adopté par la nation » pour l'un d'entre eux.

Rassurez-vous, vous êtes loin d’être seul(e) dans ce cas ! La Première Guerre Mondiale, si meurtrière, fait 600 000 veuves de guerre et environ 1 million d'orphelins. C'est sans compter ceux qui décèdent plus tard, dans les années 20, des suites de la guerre (blessure, maladie liée au gaz,…). Malheureusement, des enfants pupilles de la nation, il y en a eu un certain nombre.


J'ai appris qu'un de mes ancêtres a été adopté par la nation lorsque j'ai trouvé l’acte de naissance de mon arrière-grand-père, Maurice Victor Verdon. En marge à gauche de l'acte est noté : « adopté par la nation suivant jugement du tribunal civil de Blaye en date du 29 juillet 1920, le 10 novembre 1920 ».

Mon arrière-grand-père, ma grand-mère ne l'a pas vraiment connu. Il est décédé très jeune, à l’âge de 37 ans.

Je me suis vite demandée ce qui était arrivé à ce petit garçon, âgé de 11 ans l’année de son adoption et à ses parents.


En effet, dans le cadre des adoptions par la nation, on trouve plusieurs cas de figure :


*Le père ou le soutien de famille est décédé à la guerre.

*Le père ou le soutien de famille a été porté disparu à la guerre et il est déclaré mort.

*Le père, le soutien de famille (voire même les deux parents) a une blessure ou a contracté une maladie à cause de la guerre.

*L'enfant a lui-même été blessé ou malade à cause de la guerre.


Dans tous les cas, ces enfants ont été adoptés par la nation car un ou même leurs deux parents n’étaient plus en mesure de subvenir à leur besoin et ce à cause de la guerre.


Que signifie alors concrètement pour eux cette adoption ? Cela veut dire qu’une pension leur est versée, qu'ils peuvent avoir accès à des soins médicaux, que leur éducation est prise en charge.

Pour un généalogiste, retrouver le dossier d'adoption d'un pupille est précieux et permet d'en apprendre plus sur l'enfant adopté et sur ses parents.

A l'origine, on trouve dans ces dossiers :

*La demande de jugement sur lequel on trouve la raison de la demande, le nom des parents,…

*Le jugement

*L'acte de naissance de l'enfant

*Une fiche individuelle de renseignements

*Les certificats de scolarité, médicaux,…

*Les demandes de subventions

*La photo de l'enfant

*L'acte de mariage des parents


Malheureusement, les archives ont rarement gardé l’intégralité de ces dossiers et il n'est pas rare de ne pouvoir consulter que le jugement voire même seulement la demande de jugement.


Me voilà donc partie aux archives départementales pour retrouver le dossier ou du moins une partie du dossier d'adoption de Maurice Victor.

Je commence mes recherches mais très vite, un constat s'impose : pas de traces du dossier. Je demande alors conseil aux personnes travaillant aux archives, peut-être y a-t-il une explication à laquelle je n'ai pas pensée. Très gentiment, ils recherchent avec moi pour retrouver ce dossier ou des informations. Verdict : il y a de gros manquements concernant les dossiers d'adoption par la nation relevant du tribunal de Blaye. Je repars donc bredouille… Toujours d’une grande gentillesse, les employés des archives me disent qu'ils vont continuer à chercher de leur côté pour tenter d'en savoir plus.

De mon côté, je vais essayer de me renseigner auprès du tribunal.


Je recherche donc le numéro de téléphone du tribunal de Blaye. Pas de numéro, le tribunal n'en n'est apparemment plus un. Il faut voir directement avec celui de Bordeaux, ce que je fais. J'explique ma demande. Réponse : ils ne conservent pas les dossiers de plus de trente ans et ils sont donc forcément aux archives départementales. Là j'avoue, ça se complique. Mais je ne désespère pas de retrouver ce dossier !


Je vais continuer mes recherches, et je vous raconterai la suite dans un prochain article !




Edition d'Emilie

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